12 Décembre 2010

Des trahisons aux barbaries:

Platon« Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus, au-dessus d’eux l’autorité de personne, alors c’est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie. »

Que les stakhanovistes de la décadence, brandisseurs de pancartes et interdiseurs d’interdire s’apaisent; cette citation ne pointe pas du doigt leurs démissions et leurs trahisons successives et il n’y a personne à trainer devant quelque tribunal complaisant, sauf, peut-être, un certain Platon (IVe siècle av. J.C.). Sa vision critique de la démocratie athénienne dénonçait déjà les utopies démagogiques et populistes; lesquelles conduisirent à la condamnation à mort de Socrate et entrainèrent la chute d’Athènes. Et pourtant, les barrières que la Cité avait érigées étaient censées la prévenir de tous les maux.

Dans l’Antiquité grecque, les “métèques” (étrangers) étaient exclus de la communauté politique et l’octroi de la citoyenneté athénienne était si exceptionnelle qu’elle nécessitait un vote de l’Ecclésia, laquelle réunissait 6000 citoyens. C’était une mesure de simple bon sens afin de préserver la cohésion de la cité, de prévenir toute ingérence extérieure susceptible de fragiliser, voire de miner, leur civilisation. Même si la démocratie grecque n’a qu’un lointain rapport avec la pitoyable décadence à laquelle nous assistons aujourd’hui, elle ne s’en acheva pas moins dans le chaos et la défaite.

Régime faible, se ralliant aux foules toujours vagues et manipulables, suscitant mille appétits et aisément corruptible, la démocratie divisa jadis les cités et s’acheva dans le sang des coups d’Etat; la guerre du Péloponnèse puis la conquête de la Grèce par Philippe II de Macédoine, en –338, mirent un terme à cette malheureuse expérience.

Lucide, Platon plaçait la démocratie juste devant la tyrannie mais derrière l’aristocratie, la timocratie, et l’oligarchie. C’était toutefois méconnaitre qu’il n’est de régime intègre et valeureux que par les hommes qui l’exercent. En ce début de XXIe siècle, l’état de la Cité France laisse présager la fin de cette doctrine utopique née dans le sang révolutionnaire. Si les hommes qui prétendent nous gouverner méritent notre mépris, leur héritage se déclinera en divisions, dictatures et chaos. Même si cela n’est pas encore perceptible, nous sommes entrés dans une période de grands malheurs que la crise économique va se charger de révéler.

L’avertissement donné par Platon dénonce les lâchetés et démissions des Pères et des Maîtres précédant les divisions intestines, la violence et la tyrannie. Si la force des Nations se mesure à sa foi commune, sa discipline, sa cohésion, à l’idéal de sa jeunesse et à l’intégrité de ceux qui les dirigent, l’absence de ces éléments les condamnent irrémédiablement à la honte, à la ruine et aux invasions.

Cernés par mille leurres, combien de français s’interrogent encore sur le gouffre moral et spirituel où est tombé leur pays ? Que penser de ces enfants qui, interrogés par des journalistes sur le métier qu’il souhaitent exercer, répondent “Je veux faire “people””. Est-ce en de telles vanités que l’ont peut être fier d’appartenir à une nation ? Les productions télévisées auxquelles il est bien difficile d’échapper sont à l’aune de notre déchéance et conditionnent l’éducation de nos enfants. Comment les éduquer sainement alors que le ciment qui unissait la Chrétienté s’est peu à peu désagrégé sous l’effet du temps, des ambitions personnelles, des plaisirs, des doctrines humaines et de l’argent corrupteur ?

Mille signes nous promettent des jours sombres. Comment, par exemple, ne pas s’inquiéter de ces populations  non chrétiennes qui respectent leurs professeurs lorsqu’elles étudient dans leurs villages et se livrent sous nos latitudes à des trafics et des violences qui défient parfois l’imagination ? Peuples déracinés, que faites-vous sous notre toit ? Qu’avons-nous fait entrer dans nos maisons que nous ne pouvons à présent déloger ? Qu’est-il donc arrivé à l’Occident pour s’être maudit lui-même ? Quelle folie s’est emparée de nos gouvernements pour travailler avec tant d’acharnement à la dissolution des identités, langues, croyances, famille et coutumes occidentales ? Pensiez-vous donc mettre un terme définitif aux guerres en désagrégeant les identités ? Insensés ! Comment ignorer le bain de sang que ce suicide collectif nous promet ?

Tenter de nous faire croire que des millions d’euros, le port de l’uniforme ou la modification des rythmes scolaires sauveront l’éducation d’un naufrage est une insulte au plus élémentaire bon sens. L’éducation n’est pas affaire de moyens mais de foi partagée, de cheminement côte à côte vers un avenir commun; hélas disparu dans les marécages de la cupidité et des utopies politiques. N’ayant plus d’autre idéal que l’argent et les délices de l’hédonisme, les démocraties occidentales doivent à présent faire face à des crises sans précédents qui les condamnent irrémédiablement. L’idéal qui a pu prévaloir à leur constitution n’est plus qu’une répugnante guenille que se disputent des élites corrompues . Il est bien difficile de respecter ce qui n’est plus respectable.

Signe des Temps, l’attaque concertée de la voiture du prince Charles par des étudiants pleins de violence n’est que le prélude à de graves troubles civils au Royaume-Uni car, là aussi, la bâtisse a perdu le ciment qui unissait ses briques et ne demande qu’à s’effondrer.
Lors de la naissance du prince, des astrologues avaient prédit qu’il ne règnerait pas; ce qui sera vraisemblablement le cas. Le prince William sera-t-il en mesure de succéder à sa grand-mère alors que l’Angleterre est, comme tant d’autres vieux pays, passée du rang de colonisateur à celui de colonisé ? Notre temps de confusion, d’athéisme, de crises et de révoltes n’a que faire d’une famille royale qui incarne un passé honni et suscite encore bien des désirs de vengeances. Le proche avenir s’annonce tout aussi sombre pour le royaume d’Angleterre.

Claude d’Elendil

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